Congrès de l'ACP — deuxième journée : le créationnisme, un problème à surveiller
20 juin 2007
Bande de crétins!
Je sais, ce n'est pas bien d'utiliser les gros mots. Mais je ne peux me retenir après ce que j'ai entendu ce matin. Comme je l'ai dit dans mon billet précédent, j'ai passé la journée à la session sur la vulgarisation scientifique et les interactions entre les scientifiques et le public.
Une des premières présentations de la journée fut donnée par le professeur Brian Alters de l'Université McGill et portait sur la montée du créationnisme. Cette doctrine religieuse, qui prétend que l'univers a été créé d'un coup, il y a un peu plus de 6000 ans, s'attaque depuis longtemps à la théorie de l'évolution. Dans plusieurs états américains, les créationnistes ont réussi à imposer, au fil des années, que leur point de vue soit présenté sur un pied d'égalité avec la théorie de l'évolution dans les cours de biologie. C'est de la pure connerie, bien sûr : la théorie de l'évolution est aussi solide que la théorie de la relativité ou de mécanique quantique et elle a été démontrée à maintes reprises depuis 150 ans alors qu'il n'y a aucune évidence scientifique pour le créationnisme.
Pour moi, toute cette discussion était toutefois un peu académique, car j'étais certain que le Québec et le Canada étaient à l'abri des exigences d'un tel mouvement religieux rétrograde. Quelle surprise d'apprendre que je suis dans les patates! Les créationnistes font rapidement du progrès au Canada anglais et pourraient donc retontir au Québec beaucoup plus rapidement qu'on ne le pense. Ainsi, un musée du dessein intelligent (une expression codée pour décrire le créationnisme) a ouvert ses portes en Alberta il y a quelques jours seulement. C'est une petite exposition tordue, mais qui indique bien que la communauté fondamentaliste commence à se faire entendre au Canada (n'oublions pas que le premier ministre Stephen Harper fait aussi partie d'une secte fondamentaliste).
Mais il y a pire, et c'est la raison de mon titre un peu brutal : certains de mes collègues en lettres et en sciences humaines font preuve d'un manque total de jugement face à ce mouvement et démontrent une bêtise profonde quand il s'agit de discuter de science.
Tout a commencé lorsque Brian Alters a soumis une demande de subvention au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada — un organisme fédéral dont le but est de subventionner la recherche dans ce domaine au Canada — afin d'étudier l'impact du mouvement créationniste au pays. Alters s'est vu refuser la subvention, ce qui en soit n'est pas un drame, car le taux de succès est assez faible au CRSHC. Le vrai scandale est dans les raisons invoquées par les membres du jury de sélection pour rejeter la demande. Celui-ci dit, en effet, que les preuves manquent pour affirmer que c'est la théorie de l'évolution qui est vraie, et non pas le créationnisme! Oui, vous avez bien lu. Des chercheurs universitaires (en sciences humaines, il est vrai) ne sont même pas capables de comprendre les bases de la méthode scientifique! Pire, la haute administration du Conseil de recherches a appuyé l'affirmation des membres du comité de sélection et a refusé de reconnaître que le créationnisme est de la pseudoscience. En fait, Janet Halliwell, vice-présidente exécutive de l'organisme, a affirmé, pour se défendre, qu'il existait des phénomènes ne pouvant être expliqués par « les théories actuelles de l'évolution ».
Bande de crétins!
Pour plus d'info, vous pouvez lire, en anglais, une article tiré de The Gazette:
Prof denied grant over evolution
Je sais, ce n'est pas bien d'utiliser les gros mots. Mais je ne peux me retenir après ce que j'ai entendu ce matin. Comme je l'ai dit dans mon billet précédent, j'ai passé la journée à la session sur la vulgarisation scientifique et les interactions entre les scientifiques et le public.
Une des premières présentations de la journée fut donnée par le professeur Brian Alters de l'Université McGill et portait sur la montée du créationnisme. Cette doctrine religieuse, qui prétend que l'univers a été créé d'un coup, il y a un peu plus de 6000 ans, s'attaque depuis longtemps à la théorie de l'évolution. Dans plusieurs états américains, les créationnistes ont réussi à imposer, au fil des années, que leur point de vue soit présenté sur un pied d'égalité avec la théorie de l'évolution dans les cours de biologie. C'est de la pure connerie, bien sûr : la théorie de l'évolution est aussi solide que la théorie de la relativité ou de mécanique quantique et elle a été démontrée à maintes reprises depuis 150 ans alors qu'il n'y a aucune évidence scientifique pour le créationnisme.
Pour moi, toute cette discussion était toutefois un peu académique, car j'étais certain que le Québec et le Canada étaient à l'abri des exigences d'un tel mouvement religieux rétrograde. Quelle surprise d'apprendre que je suis dans les patates! Les créationnistes font rapidement du progrès au Canada anglais et pourraient donc retontir au Québec beaucoup plus rapidement qu'on ne le pense. Ainsi, un musée du dessein intelligent (une expression codée pour décrire le créationnisme) a ouvert ses portes en Alberta il y a quelques jours seulement. C'est une petite exposition tordue, mais qui indique bien que la communauté fondamentaliste commence à se faire entendre au Canada (n'oublions pas que le premier ministre Stephen Harper fait aussi partie d'une secte fondamentaliste).
Mais il y a pire, et c'est la raison de mon titre un peu brutal : certains de mes collègues en lettres et en sciences humaines font preuve d'un manque total de jugement face à ce mouvement et démontrent une bêtise profonde quand il s'agit de discuter de science.
Tout a commencé lorsque Brian Alters a soumis une demande de subvention au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada — un organisme fédéral dont le but est de subventionner la recherche dans ce domaine au Canada — afin d'étudier l'impact du mouvement créationniste au pays. Alters s'est vu refuser la subvention, ce qui en soit n'est pas un drame, car le taux de succès est assez faible au CRSHC. Le vrai scandale est dans les raisons invoquées par les membres du jury de sélection pour rejeter la demande. Celui-ci dit, en effet, que les preuves manquent pour affirmer que c'est la théorie de l'évolution qui est vraie, et non pas le créationnisme! Oui, vous avez bien lu. Des chercheurs universitaires (en sciences humaines, il est vrai) ne sont même pas capables de comprendre les bases de la méthode scientifique! Pire, la haute administration du Conseil de recherches a appuyé l'affirmation des membres du comité de sélection et a refusé de reconnaître que le créationnisme est de la pseudoscience. En fait, Janet Halliwell, vice-présidente exécutive de l'organisme, a affirmé, pour se défendre, qu'il existait des phénomènes ne pouvant être expliqués par « les théories actuelles de l'évolution ».
Bande de crétins!
Pour plus d'info, vous pouvez lire, en anglais, une article tiré de The Gazette:
Prof denied grant over evolution
![]()
Total des votes : 1 - Cote : 5.00



Stephane Dumas - 20 juin 2007 07:51
Ce n'est que le premier pas. Si on laisse faire ce genre de comportement, nous allons devoir justifier nos recherches tout en faisant attention de ne pas contredire la bible.
Est-ce un retour au moyen-âge à l'époque post-"conseil de Trent" ?
Comment les gens vont réagir lorsqu'une solution à un grave problème devra être abandonné car ça contredit la bible ?
Ce qui m'enrage le plus dans tout ce dossier est le fait que les créationismes se cachent derrière un voile de pseudo science tout en invoquant des soit disant preuves scientifiques pour appuyer leur doctrine religieuse.
Si on avait un groupe similaire proclamant que la Terre est portée sur le dos d'un éléphant qui repose sur une tortue... tout le monde prendrait ça en riant. où est la différence ? Et pourtant, ce fut une doctrine prise au sérieux pendant plusieurs années.
En passant, la date de la création de la Terre a été calculé par l'évèque Ussher comme étant le dimanche 23 octobre 4004 AV-JC. Surprenant exercice de calcule basé sur un livre qui a été traduit à mainte reprises et rempli de métaphores.
Et lorsque j'entends un argument "ça ne peut être expliqué par une théorie actuelle... donc c'est dieu". C'est gravement insultant pour l'humanité. C'est une affirmation qu'il n'y aura JAMAIS personne d'assez intelligent pour trouver une solution. Personnellement, je ne voudrais pas de ces gens dans un laboratoire de recherche sur le cancer. et vous?
sur ce, bonne journée.
sd.