La poésie de la science
21 mai 2006
J'ai été chagriné d'apprendre que le poète américain Stanley Kunitz s'était éteint récemment. Le poète lauréat est décédé de pneumonie le 14 mai dernier dans sa maison de Greenwich Village à New York. Il était âgé de 100 ans. Récipiendaire du prix Pulitzer (1959), et du National Book Award (1995) ainsi que de nombreux autres honneurs, Kunitz était considéré comme l'un des poètes les plus distingués et les plus accomplis des États-Unis. Il continua à écrire jusqu'à la fin de sa vie ; il avait d'ailleurs publié son dernier livre l'année dernière.
Kunitz possédait un registre très étendu ; sa poésie portait tout autant sur la beauté, le temps et la nature que sur les lieux, les gens, les relations interpersonnelles. Mais si sa disparition me peine plus particulièrement, c'est qu'il fut également un poète de la science, plus particulièrement intéressé à l'astronomie. En effet, plusieurs de ses poèmes se réfèrent au ciel, comme son “ Halley's Comet ” ou “ The Flight of Apollo ” :
“ I was a stranger on earth.
Stepping on the moon, I begin
the gay pilgrimage to new
Jerusalems
in foreign galaxies.
Heat. Cold. Craters of silence.
The Sea of Tranquillity
rolling on the shores of entropy.
And, beyond,
the intelligence of the stars. ”
Dans d'autres poèmes, il se sert des thèmes astronomiques ou de l'imagerie scientifique pour illustrer une émotion ou un sentiment, par exemple comme dans “ The Science Of The Night ” :
“ (...) My touch is on you, who are light-years gone.
We are not souls but systems, and we move
In clouds of our unknowing
like great nebulae.
Our very motives swirl and have their start
With father lion and with mother crab.
Dreamer, my own lost rib,
Whose planetary dust is blowing
Past archipelagoes of myth and light
What far Magellans are you mistress of
To whom you speed the pleasure of your art?
As through a glass that magnifies my loss
I see the lines of your spectrum shifting red,
The universe expanding, thinning out,
Our worlds flying, oh flying, fast apart.
From hooded powers and from abstract flight
I summon you, your person and your pride.
Fall to me now from outer space,
Still fastened desperately to my side;
Through gulfs of streaming air
Bring me the mornings of the milky ways (...) ”
Vous trouverez ici d'autres exemples de sa poésie, ainsi que des informations biographiques supplémentaires, sur mon site dédié à la poésie du ciel.
La science ne cherche pas à évacuer la beauté du monde, son magistère se situant ailleurs, sur un tout autre plan. Certains poètes l'ont compris et ont cherché à inclure dans leurs poèmes soit une imagerie scientifique, plus près de notre expérience moderne, soit une compréhension des enjeux scientifiques. De telles tentatives enrichissent à la fois la littérature et la science, en bâtissant un pont entre ces deux disciplines en apparence si lointaines. Elle permettent à l'âme contemporaine de trouver sa véritable place dans l'univers, en intériosant les réalités scientifiques de notre époque, tout en essayant de leur donner un sens -- ou du moins une sensibilité.
En guise d'épitaphe, citons le dernier vers de l'un des plus beaux poèmes de Kunitz, “ The Long Boat ” dans lequel il écrit :
“ Peace! Peace !
To be rocked by the Infinite !
As if it didn't matter
which way was home ”
Kunitz possédait un registre très étendu ; sa poésie portait tout autant sur la beauté, le temps et la nature que sur les lieux, les gens, les relations interpersonnelles. Mais si sa disparition me peine plus particulièrement, c'est qu'il fut également un poète de la science, plus particulièrement intéressé à l'astronomie. En effet, plusieurs de ses poèmes se réfèrent au ciel, comme son “ Halley's Comet ” ou “ The Flight of Apollo ” :
“ I was a stranger on earth.
Stepping on the moon, I begin
the gay pilgrimage to new
Jerusalems
in foreign galaxies.
Heat. Cold. Craters of silence.
The Sea of Tranquillity
rolling on the shores of entropy.
And, beyond,
the intelligence of the stars. ”
Dans d'autres poèmes, il se sert des thèmes astronomiques ou de l'imagerie scientifique pour illustrer une émotion ou un sentiment, par exemple comme dans “ The Science Of The Night ” :
“ (...) My touch is on you, who are light-years gone.
We are not souls but systems, and we move
In clouds of our unknowing
like great nebulae.
Our very motives swirl and have their start
With father lion and with mother crab.
Dreamer, my own lost rib,
Whose planetary dust is blowing
Past archipelagoes of myth and light
What far Magellans are you mistress of
To whom you speed the pleasure of your art?
As through a glass that magnifies my loss
I see the lines of your spectrum shifting red,
The universe expanding, thinning out,
Our worlds flying, oh flying, fast apart.
From hooded powers and from abstract flight
I summon you, your person and your pride.
Fall to me now from outer space,
Still fastened desperately to my side;
Through gulfs of streaming air
Bring me the mornings of the milky ways (...) ”
Vous trouverez ici d'autres exemples de sa poésie, ainsi que des informations biographiques supplémentaires, sur mon site dédié à la poésie du ciel.
La science ne cherche pas à évacuer la beauté du monde, son magistère se situant ailleurs, sur un tout autre plan. Certains poètes l'ont compris et ont cherché à inclure dans leurs poèmes soit une imagerie scientifique, plus près de notre expérience moderne, soit une compréhension des enjeux scientifiques. De telles tentatives enrichissent à la fois la littérature et la science, en bâtissant un pont entre ces deux disciplines en apparence si lointaines. Elle permettent à l'âme contemporaine de trouver sa véritable place dans l'univers, en intériosant les réalités scientifiques de notre époque, tout en essayant de leur donner un sens -- ou du moins une sensibilité.
En guise d'épitaphe, citons le dernier vers de l'un des plus beaux poèmes de Kunitz, “ The Long Boat ” dans lequel il écrit :
“ Peace! Peace !
To be rocked by the Infinite !
As if it didn't matter
which way was home ”
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isabelle - 22 mai 2006 22:26
Single Vision
Before I am completely shriven
I shall reject my inch of heaven.
Cancel my eyes, and, standing, sink
Into my deepest self; there drink
Memory down. The banner of
My blood, unfurled, will not be love,
Only the pity and the pride
Of it, pinned to my open side.
When I have utterly refined
The composition of my mind,
Shaped language of my marrow till
Its forms are instant to my will,
Suffered the leaf of my heart to fall
Under the wind, and, stripping all
The tender blanket from my bone,
Rise like a skeleton in the sun,
I shall have risen to disown
The good mortality I won.
Directly risen with the stain
Of life upon my crested brain,
Which I shall shake against my ghost
To frighten him, when I am lost.
Gladly as any poison, yield
My halved conscience, brightly peeled;
Infect him, since we live but once,
With the unused evil in my bones.
I'll shed the tear of souls, the true
Sweat, Blake's intellectual dew,
Before I am resigned to slip
A dusty finger on my lip.
(http://www.cosmoetica.com/T...)