Il faut tuer la voiture électrique
9 avril 2009
En cette ère de bouleversements environnementaux, il est de bon ton d’être écolo. Et, pourquoi pas, de pourfendre au passage les multinationales qui s’enrichissent au détriment des gens et de la nature. Le documentaire Who killed the electric car? pointe plusieurs responsables – pétrolières, fabricants automobiles, administration Bush – de la mise au rancart de l’EV1, un modèle de voiture électrique brièvement commercialisé par GM dans les années 1990 avant d’être mystérieusement retirée de la circulation. La voiture électrique est souvent perçue comme la solution miracle aux problèmes environnementaux liés aux transports. Quand des pontes de la question environnementale tels que David Suzuki (dans son Guide vert par exemple) vantent les mérites des véhicules électriques, normal que le grand public soit alléché par cette alternative verte.
Pourtant, il serait bon de ne pas oublier complètement notre esprit critique… Se pourrait-il que ces voitures « qui ne polluent pas » polluent en fait plus que les voitures traditionnelles? Dans notre société principalement alimentée en hydro-électricité, on perd parfois de vue que plus de 40% de l’électricité de la planète provient de la combustion du charbon. C’est donc dire que l’énergie fournie par le pétrole à nos voitures devrait être en bonne partie remplacée par de l’énergie provenant du charbon. Or, comme celui-ci possède une densité énergétique d’environ la moitié de celle du pétrole (24 MJ/kg, contre 45 MJ/kg), il faudra donc en brûler deux fois plus – donc émettre deux fois plus de gaz à effet de serre – pour produire le même travail que le pétrole. Sans compter les pertes qui surviennent invariablement lors des étapes de production, transformation et distribution de l’électricité.
L’arrivée de la voiture électrique entraînera une augmentation fulgurante de la consommation d’électricité, et cette augmentation sera comblée par le recours au carburant le plus abondant et le moins cher : le charbon. À moins que nous nous tournions rapidement vers de nouvelles sources d’énergie renouvelables et non polluantes pour produire notre électricité, la voiture électrique, présentée comme LA solution, pourrait en réalité causer une augmentation de l’émission des gaz à effet de serre et des particules fines responsables du smog. Et c’est sans compter l’impact environnemental énorme qu’a l’exploitation des mines de charbon, qui ira vraisemblablement en croissant.
Jusqu’ici, toutes les tentatives de trouver une alternative au pétrole se sont soldées par des échecs. Le bioéthanol détourne une trop grande partie des ressources agro-alimentaires, l’éthanol cellulosique ne peut être produit en quantité suffisante pour répondre à la demande, l’hydrogène présente des risques inacceptables, les piles à combustible ne sont pas encore au point… Comme quoi, la solution miracle à notre dépendance aux combustibles fossiles n’existe toujours pas. En attendant, vaut peut-être mieux prendre son vélo!
Pourtant, il serait bon de ne pas oublier complètement notre esprit critique… Se pourrait-il que ces voitures « qui ne polluent pas » polluent en fait plus que les voitures traditionnelles? Dans notre société principalement alimentée en hydro-électricité, on perd parfois de vue que plus de 40% de l’électricité de la planète provient de la combustion du charbon. C’est donc dire que l’énergie fournie par le pétrole à nos voitures devrait être en bonne partie remplacée par de l’énergie provenant du charbon. Or, comme celui-ci possède une densité énergétique d’environ la moitié de celle du pétrole (24 MJ/kg, contre 45 MJ/kg), il faudra donc en brûler deux fois plus – donc émettre deux fois plus de gaz à effet de serre – pour produire le même travail que le pétrole. Sans compter les pertes qui surviennent invariablement lors des étapes de production, transformation et distribution de l’électricité.
L’arrivée de la voiture électrique entraînera une augmentation fulgurante de la consommation d’électricité, et cette augmentation sera comblée par le recours au carburant le plus abondant et le moins cher : le charbon. À moins que nous nous tournions rapidement vers de nouvelles sources d’énergie renouvelables et non polluantes pour produire notre électricité, la voiture électrique, présentée comme LA solution, pourrait en réalité causer une augmentation de l’émission des gaz à effet de serre et des particules fines responsables du smog. Et c’est sans compter l’impact environnemental énorme qu’a l’exploitation des mines de charbon, qui ira vraisemblablement en croissant.
Jusqu’ici, toutes les tentatives de trouver une alternative au pétrole se sont soldées par des échecs. Le bioéthanol détourne une trop grande partie des ressources agro-alimentaires, l’éthanol cellulosique ne peut être produit en quantité suffisante pour répondre à la demande, l’hydrogène présente des risques inacceptables, les piles à combustible ne sont pas encore au point… Comme quoi, la solution miracle à notre dépendance aux combustibles fossiles n’existe toujours pas. En attendant, vaut peut-être mieux prendre son vélo!
![]()
Total des votes : 15 - Cote : 2.33



Jean-Louis - 16 avril 2009 14:17
Mais c'est ce qu'on appelle enfoncer une porte ouverte. La plupart des défenseurs de la propulsion électrique sont bien conscients qu'elle devra s'accompagner de nouveaux choix de production de l'électricité. Le vrai défi, c'est de départager le nucléaire, l'hydro-électrique, le solaire, l'éolien et les autres moyens de générer de l'électricité sans brûler de combustibles fossiles. Chacun d'eux pollue au moins un peu, et chacun d'eux a une empreinte environnementale.
(L'hydrogène n'est pas si inacceptable que vous le dites, mais il pose au bout du compte la même question : quelle forme d'énergie primaire va-t-on consommer pour le produire?)
L'autre solution, c'est de repenser notre mode de vie axé sur le franchissement quotidien de grandes distances. Autrement dit, c'est la disposition de nos villes et notre exigence occidentale de vivre dans des pavillons de banlieue qui sont vraiment en cause...