Littérature, reproduction et bioéthique.
2 avril 2008
La question de la reproduction, associée à la crainte ou à l'admiration pour les progrès technologiques, a hanté l'imaginaire littéraire tout au long de la première moitié du XXe siècle. Elle est au coeur, par exemple, des oeuvres d'anticipation des futuristes italiens Marinetti et Vasari, puis des écrivains européens Capek, Huxley ou encore Orwell. Ils relient tous l'avènement d'un nouveau monde à de nouvelles modalités de reproduction résultant des progrès technologiques. Dans le monde qu'ils envisagent, la reproduction de l'espèce est ainsi confiée à des hommes mécaniques ou à des machines. La sexualité, le plaisir et l'affection sont séparés de la procréation, celle-ci étant également soustraite au corps de la femme. La fracture entre le corps humain et ses fonctions est consommé. La nouvelle humanité est "déshumanisée". Il est parfois intérêssant quand-t-on est scientifique de se pencher dans la littérature pour trouver certaines réponses et certaines limites à la bioéthique.
Lorsque Mary Shelley publie en 1818 son célèbre Frankenstein, le mot bioéthique n'existe pas. Pourtant c'est de l'éthique propre à la recherche biologique qu'il y est question. Quelle faute a commise l'étudiant en médecine Victor Frankenstein? L'immense majorité de ceux qu'on interrogerait aujourd'hui sur ce point réponderait qu'il s'agit du fait d'avoir fabriqué un être humain.
Mais cette immense majorité n'a jamais lu l'oeuvre de Mary Shelley et bien peu savent qu'elle était sous-titrée Le Prométhée moderne. Prométhée apportait aux hommes ces Lumières et les progrès scientifiques. En effet, la science avait doté l'homme de pouvoirs que nous pouvons presque qualifier de créateurs, qui l'ont rendu capable de changer et de modifier les êtres qui l'entourent. Cela constitue donc bien un défi au canon Episcopi qui avait définitivement interdit à tout chrétien d'imaginer - d'imaginer seulement - qu'un autre que le Dieu de la Bible puisse créer ou transformer les êtres vivants. En fabriquant un être humain, Victor Frankenstein devenait un héros qui, tel Prométhée, donnait aux hommes le pouvoir de défier victorieusement le Ciel. Mais Victor, le savant victorieux, a cependant commis une faute: il a fabriqué un être qui souffre. La faute n'est pas d'avoir fabriqué un homme, c'est d'avoir fabriqué celui-là, si laid, si terrifiant que tous s'enfuient à son approche et qui souffre horriblement de n'avoir ni compagne, ni famille, ni amis. Si la bioéthique signifiait la prise en considération du mal que l'on peut faire aux autres en manipulant le vivant, alors on devrait à Mary Shelley d'en avoir imaginé le cas parfaitement exemplaire. Le fait que , au milieu des années 1990, la communauté scientifique ait considéré comme un problème éthique majeur le choix, dans la fécondation in vitro, entre le spermatides et les spermatozoïdes démontre parfaitement que ce que l'on appelle la bioéthique n'a pas grand chose à voir avec cette morale. Alors que les églises elles-mêmes semblent avoir oublié le canon Episcopi, c'est pourtant bien ce qu'il fulmine contre la science le sacrilège qui est au coeur de la bioéthique.
Mais cette immense majorité n'a jamais lu l'oeuvre de Mary Shelley et bien peu savent qu'elle était sous-titrée Le Prométhée moderne. Prométhée apportait aux hommes ces Lumières et les progrès scientifiques. En effet, la science avait doté l'homme de pouvoirs que nous pouvons presque qualifier de créateurs, qui l'ont rendu capable de changer et de modifier les êtres qui l'entourent. Cela constitue donc bien un défi au canon Episcopi qui avait définitivement interdit à tout chrétien d'imaginer - d'imaginer seulement - qu'un autre que le Dieu de la Bible puisse créer ou transformer les êtres vivants. En fabriquant un être humain, Victor Frankenstein devenait un héros qui, tel Prométhée, donnait aux hommes le pouvoir de défier victorieusement le Ciel. Mais Victor, le savant victorieux, a cependant commis une faute: il a fabriqué un être qui souffre. La faute n'est pas d'avoir fabriqué un homme, c'est d'avoir fabriqué celui-là, si laid, si terrifiant que tous s'enfuient à son approche et qui souffre horriblement de n'avoir ni compagne, ni famille, ni amis. Si la bioéthique signifiait la prise en considération du mal que l'on peut faire aux autres en manipulant le vivant, alors on devrait à Mary Shelley d'en avoir imaginé le cas parfaitement exemplaire. Le fait que , au milieu des années 1990, la communauté scientifique ait considéré comme un problème éthique majeur le choix, dans la fécondation in vitro, entre le spermatides et les spermatozoïdes démontre parfaitement que ce que l'on appelle la bioéthique n'a pas grand chose à voir avec cette morale. Alors que les églises elles-mêmes semblent avoir oublié le canon Episcopi, c'est pourtant bien ce qu'il fulmine contre la science le sacrilège qui est au coeur de la bioéthique.
Scientifiques protégez vos propos!
2 avril 2008
Les médias ont de plus en plus tendance à déformer les propos des scientifiques, et cela pour diverses raisons, mais il faut savoir que du même coups il y a des droits et notamment le droit de réponse. Ce dernier est un contrepoids nécessaire à la liberté de la presse, il consiste en un droit reconnu à une personne désignée par un média de requérir la publication gratuite d'une réponse par ce même média. Il constitue l'un des moyens de défense du scientifique face aux médias. Il offre au scientifique "livré en pâture" à l'opinion publique, la possibilité d'exprimer à son tour son opinion, sa version des faits, sa vérité, et permet d'assurer le caractère contradictoire du débat. A l'heure où des propos de scientifques sont très vites relayés, dans une multitude de médias, il paraît nécessaire que les scientifiques soient particulièrement vigilants et n'hésitent pas à employer leurs droits.
Parlons du temps qu’il fait et qu’il fera
19 janvier 2008
Une fois n’est pas coutume, ce billet est surtout destiné aux scientifiques et divers intervenants intéressés à l’étude du climat. En effet, le prochain congrès de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie se déroulera du 25 au 29 mai 2008, à Kelowna, dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique. Le thème du congrès est intitulé : « Eau, météo et climat : La science comme outil de décision ».
50 E.S. (Ère spatiale)
27 septembre 2007
La dernière édition de fin de semaine du New York Times souligne en grandes pompes le cinquantième anniversaire du lancement de Spoutnik, avec de multiples articles dans sa section Science. D’autres publications ne manquent pas d’ailleurs de faire une rétrospective de ce demi-siècle d’ère spatiale ; par exemple, dans les numéros d’octobre des revues de vulgarisation scientifique Scientific American et Discover.

Eurêka ! Un festival scientifique !
13 juin 2007
La fin de semaine des 15, 16 et 17 juin prochains verra la tenue du festival scientifique Euréka ! Ce rendez-vous de l’univers de la science, des technologies et des innovations montréalaises se déroule sur les Quais du Vieux-Port et propose une kyrielle d'activités à saveur scientifique qui saura plaire à toute la famille.

Gènes en familles
25 février 2007
Un récent reportage à la télévision de Radio-Canada faisait état de l'engouement des noirs américains pour la généalogie génétique. En effet, la plupart de ceux-ci ont des ancêtres esclaves, pour lesquels il n'existe pas d'archives généalogiques. Ils ne peuvent donc pas remonter à leurs racines africaines suivant les méthodes traditionnelles de recherche. À ce sujet, on se rappelle d'ailleurs le succès phénoménal qu'avait connu il y a trente ans le roman d'Alex Haley, Roots: The Saga of an American Family. Le livre racontait les heurs et malheurs de Kunta Kinte, un Africain capturé par des esclavagistes en 1767, et de ses descendants jusqu'à Haley lui-même. On en avait tiré un mini-série télévisée qui avait passionné l'Amérique entière. 130 millions de téléspectateurs avait suivi à un moment ou un autre les déboires de la famille de Kunta Kinte.
Revue de l'année 2006
10 janvier 2007
Que nous a apporté l'année 2006 au niveau des sciences et des technologies ? Quels nouveaux gadgets ont marqué les douze derniers mois ?
Pourquoi parle-t-on de culture scientifique ?
21 décembre 2006
La plupart des interventions sur la question des relations entre science et culture ont un caractère essentiellement performatif consistant à vouloir faire advenir ce qui n'existe pas encore, comme lorsque l'on déclare que « désormais science, technologie, économie, culture, santé et environnement sont des mots indissociables ». Or ce genre d'affirmations péremptoires est rarement suivi d'une démonstration de leur réalité effective au temps présent. J'aimerais ici proposer une analyse de la fonction sociale de ces discours et interventions de la part de différents acteurs impliqués: scientifiques, politiciens, industriels, muséologues, journalistes et communicateurs scientifiques. Je reprends en fait un exposé fait en novembre au Musée de la civilisation à Québec.
Le pape évolue: Dieu et Darwin
29 novembre 2006
Au mois d’août dernier, le Pape Benoît XVI tenait une réunion avec des scientifiques à sa résidence d’été de Castel Gandolfo pour discuter de la théorie de l’évolution. Alors que le débat fait rage depuis longtemps aux Etats-Unis parmi les sectes fondamentalistes chrétiennes, il semble que le Vatican sente soudain le besoin de prendre parti dans ce débat. En fait, la plus récente intervention papale date de 1996 quand, croyant faire un grand bond en avant, Jean-Paul II déclarait que la théorie de Darwin était « plus qu’une hypothèse »…laissant ainsi aux herméneutes le soin de comprendre ce qu’était exactement ce « plus ».


