Des microbes extraterrestres ?
Il y a quelques semaines la première page
de la revue NewScientist offrait un titre
pour le moins intriguant: "De la pluie
extraterrestre ...?". Dans ce numéro (4 mars
2006), l'article de la journaliste Hazel Muir
décrit une série de "pluies rouges" qui sont
survenues en juillet 2001 dans la région de
Kerala au sud-ouest de l'Inde.
Une pluie rouge n'est pas une surprise en soi.
De nombreux cas bien documentés décrivent un
phénomène météorologique (rare) dans lequel
des grains de de sable sont soulevés par des
courants aériens ascendants et retombent sous
forme d'averses colorées, parfois à des centaines
de kilomètres de distance.
Deux physiciens de cette région de l'Inde,
G. Louis et S. Kumar de l'Université Mahatma
Gandhi de Kottayam, ont recueilli des échantillons
de ces pluies pour en faire une analyse détaillée.
Les détails de leur travail seront bientôt présentés
dans la revue Astrophysics and Space Sciences (une
copie de l'article est disponible ici).
La conclusion principale de l'article suggère que
la source de ces pluies rouges n'est pas le sable
d'un désert plus ou moins lointain, mais plutôt des
structures d'apparence biologique et possiblement
d'origine extraterrestre. Si cette conclusion s'avère,
il s'agit de la découverte d'une première forme de
vie extraterrestre ainsi qu'une confirmation
de la théorie de la panspermie.
Rappel, la version moderne de la théorie de la
panspermie, initialement proposée par le chimiste
suédois Svante Arrhenius en 1908, a été reprise
par les astronomes britanniques Fred Hoyle et
Chandra Wickramasinghe dans les années 1980.
Selon cette théorie, la vie n'est pas indigène
à notre planète mais y a été amenée par le biais
de spores ou de bactéries cachées dans des noyaux
de comètes. Puisque toute la vie sur la Terre
découle de l'évolution des premières cellules,
d'une certaine façon si la panspermie est à
l'origine de la vie sur notre planète, nous
serions donc tous d'origine extraterrestre !
Récemment, les deux physiciens indiens ont fait
parvenir des échantillons à des collègues afin
de préciser la nature biologique des petites
structures observées dans ces pluies. Les analyses
plus détaillées ont révélé la présence d'ADN.
À moins que les bases de cet ADN soient différentes
de celle de l'ADN terrestre, la probabilité que
ces structures soient étrangères à la Terre
devient soudainement beaucoup moins grande.
Encore plus récemment, des chercheurs du Tropical
Botanic Garden & Research Institute de Kerala ont
ressorti un rapport publié dans les semaines suivant
les fameuses pluies de 2001. Dans ce rapport, ils
affirment avoir identifié la nature des cellules
rouges retrouvées dans ces pluies. Il s'agirait
d'une algue indigène à cette région de l'Inde. Selon
eux, un phénomène atmosphérique aurait alors aspiré
des spores de cette algue vers le haut et celles-ci
seraient retombées sous forme de pluie dans les jours
suivants.
Il semble donc que l'explication de la pluie rouge
de Kerala soit moins exotique que celle proposée
initialement. Dans ce genre de situation il est
toujours utile de se rappeler ce que disait l'astronome
Carl Sagan: "Une affirmation extraordinaire doit
toujours être soutenue par des preuves tout aussi
extraordinaires".
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