Pour ce premier billet sur le blogue, permettez que je
fasse une courte présentation des différents aspects de
mon travail.



Mon titre officiel à l'Université de Montréal est
"Astronome - ingénieur" de l'Observatoire du mont
Mégantic (OMM). J'ai effectivement une formation en
physique, en astronomie et en astrophysique. Toutefois,
le titre d'ingénieur est surtout décoratif... puisque
je suis pas membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

En fait, le poste j'occupe est mieux décrit pas son
appellation américaine de "resident astronomer", c'est
à dire un travail de soutien technique et scientifique
aux utilisateurs d'un télescope. Une partie (importante)
de mon travail consiste à concevoir et mettre en
service des instruments de pointe pour la recherche
astronomique à l'OMM. C'est un travail de "touche-à-tout"
car il faut faire du design mécanique, optique, électronique,
et informatique. A titre d'exemple, depuis quelques mois
je travaille à la mise au point d'une nouvelle caméra CCD
pour le spectrographe de l'observatoire. Quand elle sera
complétée, la combinaison spectrographe-caméra de l'OMM
sera - je l'espère - plus performante, et permettra d'étudier
des objets généralement difficiles à observer avec un
télescope de taille moyenne comme celui du mont Mégantic.

Une partie de mon travail consiste aussi à faire de la
recherche astronomique. Pendant plusieurs années, j'ai
consacré mon temps de recherche dans le domaine de l'astronomie
stellaire. En particulier, je me suis intéressé à la
détermination des caractéristiques physiques (masse, rayon,
température, etc.) des étoiles dites massives (i.e. plus
de 10 fois la masse du Soleil). Ces étoiles sont en général
très chaudes, vivent peu de temps (quelques millions d'années),
et terminent leur vie de manière explosive sous la forme d'une
supernova. Ces étoiles jouent un rôle important dans l'Univers
puisqu'elles sont à l'origine des éléments chimiques comme le
carbone, l'azote, l'oxygène, le phosphore, etc.. Ces étoiles
représentent donc un des premiers jalons dans le développement
de la matière vivante !

Par la suite, je me suis appliqué à mieux comprendre les phases
finales de l'évolution des étoiles, plus spécifiquement les phases
dite "sous-naine" et "naine blanche". Cette dernière représente
l'état final de près de 90% des étoiles dans l'Univers. Notre
Soleil terminera sa vie sous forme d'une naine blanche dans
environ 5-6 milliards d'années. Tout au long de leur vie, les
étoiles sont en équilibre entre la force gravitationnelle qui
tend à rapprocher toutes ses parties vers le centre, et le
gradient de pression thermique qui empêche l'effondrement. La
pression thermique des gaz de l'étoile est maintenue par des
réactions nucléaires au coeur de l'étoile. À la fin de sa vie,
les réactions nucléaires cessent, la pression thermique diminue,
et l'étoile s'écrase sur elle-même. Elle devient alors plus petite,
plus compacte, et se refroidit inexorablement. C'est une naine
blanche. L'étude des naines blanches et des étoiles de type
sous-naine s'apparente un peu à de la "thanatologie stellaire",
c'est à dire qu'en étudiant les cadavres stellaires, on arrive à
comprendre les étapes de leur évolution antérieure.

Plus récemment, mes intérêts de recherche se sont portés sur
l'astrobiologie, un nouveau domaine de la science qui s'intéresse
à l'origine et à l'évolution de la vie sur Terre et ailleurs dans
l'Univers. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une science
multidisciplinaire qui marie les recherches en astronomie, en
biologie, en biochimie, en géologie, en sociologie, et même en
philosophie. C'est un domaine scientifique en pleine effervescence.
Les axes de recherche portent entre autres sur la découverte de
planètes extrasolaires, la nature des premières formes de vie
sur notre planète, la recherche de vie dans notre système solaire,
ou la recherche des signes d'une vie intelligente ailleurs dans
l'Univers. Au cours des prochaines semaines, nous aurons l'occasion
de revenir sur les recherches de pointe dans ce domaine.

Pour ceux que ça intéresse, je vous invite à assister une conférence
que je donnerai au Club des astronomes de Laval dans le cadre de
la Quinzaine des sciences du collège Montmorency. La conférence
aura lieu mercredi le 9 novembre à 20 heures et portera sur
l'équation de Drake et la recherche de vie dans l'Univers.