Pour une science(-fiction) citoyenne
29 avril 2008
Nous avons déjà discuté dans ce blogue, comme dans les blogues associés de l'Agence Science-Presse, de la nécessité pour les scientifiques et technocrates de développer une attitude de responsabilité civique et de considérer les implications citoyennes de leurs projets, non seulement dans notre vie quotidienne, mais également dans la vie de la cité.
La réglementation du clonage.
9 avril 2008
Le débat sur le clonage humain démontre que l'éthique diffère d'une culture à l'autre. D'un côté, l'emipirisme anglo-saxon, le refus de toute interdiction a priori, issu d'un droit basé sur un débat contradictoire, et d'une culture influencée par les philosophies de Hume au XVIIIe siècle et de Stuart Mill au XIXe siècle ; de l'autre les Latins, notamment les français, attachés à une vision d'intérêt général, à un impératif supérieur du bien public dont la culture est influencée par le philosophe Kant, et du droit issu du droit réglementaire romain. LA tradition protestante s'oppose à la tradition catholique ! Réconcilier ces deux points de vue apparaît bien difficile.
Cependant, le 11 octobre 1997 à Strasbourg, les dirigeants des quarante et un Etats membres du Conseil de l'Europe se sont prononcés pour l'élaboration d'un protocole additionnel à la Convention européenne sur la bioéthique, appelant à l'interdiction de "toutes applications des techniques de clonage qui visent à produire des êtres humains génétiquement identiques". Le 12 janvier 1988, près de la moitié des Etats membres du Conseil de l'Europe ont finalement signé ce protocole, faisant de celui-ci le premier véritable instrument juridique international contraignant contre le clonage humain. Le texte exclut toute dérogation à l'interdiction de créer des êtres humains génétiquement semblables à un autre, vivant ou mort, et quelle que soit la technique. Il prévoit de lourdes sanctions pénales en cas d'infractions constatées dans les pays européens, lesquelles seront accompagnées d'une interdiction d'exercer pour les chercheurs et les particiens, et de la suppression des licences pour les laboratoires ou cliniques concernées. De même, des poursuites pourront être engagées contre des laboratoires ou des citoyens qui ouvriraient des cliniques en dehors de l'Europe.
Instrument juridique international contraignant ce texte vise donc à protéger les êtres humains contre toute application abusive des progrès biologiques et médicaux. C'est ainsi que pour éviter la commercialisation du génome humain, certains scientifiques et politiques souhaitent qu'il devienne patrimoine commun de l'humanité (et qu'on arrête avec cette volonté de vouloir breveté le génome ce qui pourrait servir des intérêts opposés). "C'est un domaine de la connaissance qui ne peut faire objet de monopoles", déclarait en 1991 le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé. L'UNESCO prépare une Convention dans ce sens.
Cependant, le 11 octobre 1997 à Strasbourg, les dirigeants des quarante et un Etats membres du Conseil de l'Europe se sont prononcés pour l'élaboration d'un protocole additionnel à la Convention européenne sur la bioéthique, appelant à l'interdiction de "toutes applications des techniques de clonage qui visent à produire des êtres humains génétiquement identiques". Le 12 janvier 1988, près de la moitié des Etats membres du Conseil de l'Europe ont finalement signé ce protocole, faisant de celui-ci le premier véritable instrument juridique international contraignant contre le clonage humain. Le texte exclut toute dérogation à l'interdiction de créer des êtres humains génétiquement semblables à un autre, vivant ou mort, et quelle que soit la technique. Il prévoit de lourdes sanctions pénales en cas d'infractions constatées dans les pays européens, lesquelles seront accompagnées d'une interdiction d'exercer pour les chercheurs et les particiens, et de la suppression des licences pour les laboratoires ou cliniques concernées. De même, des poursuites pourront être engagées contre des laboratoires ou des citoyens qui ouvriraient des cliniques en dehors de l'Europe.
Instrument juridique international contraignant ce texte vise donc à protéger les êtres humains contre toute application abusive des progrès biologiques et médicaux. C'est ainsi que pour éviter la commercialisation du génome humain, certains scientifiques et politiques souhaitent qu'il devienne patrimoine commun de l'humanité (et qu'on arrête avec cette volonté de vouloir breveté le génome ce qui pourrait servir des intérêts opposés). "C'est un domaine de la connaissance qui ne peut faire objet de monopoles", déclarait en 1991 le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé. L'UNESCO prépare une Convention dans ce sens.
La réglementation des produits transgéniques.
9 avril 2008
La Commission européenne a adopté, en 1990, trois directives qui ont fait depuis l'objet de modification et d'adptations et qui concernent le confinement des organismes génétiquement modifiés, leur dissémination volontaire et enfin la protection des travailleurs exposés à des agents biologiques. En décembre 1996, la Commission européenne a également pris la décision d'autoriser la commercialisation du maïs et du soja transgéniques, jugeant ces aliments sans risque pour la consommation. La France autorise donc, en novembre 1997, l'importation de maïs transgénique en provenance de la multinationales Novartis.
Pour donner satisfaction aux consommateurs, le Parlement européen a adopté le projet Novel Food, qui rend obligatoire l'étiquetage des aliments contenant des OGM ou des produits issus des OGM. Si une plante transgénique entre dans la composition d'un aliment, celui-ci doit recevoir une autorisation de mise sur le marché délivrée par la Commission européenne. Si un produit génétiquement modifié est autorisé, tout aliment contenant plus d'un certain pourcentage de ce produit doit faire l'objet d'un étiquetage spécial à l'intention des consommateurs ; de même, les fruits et les légumes transformés porteront le label "aliments génétiquement modifiés". Pour les libéraux cepedant, l'étiquetage passe pour être un protectionnisme déguisé.
Pour donner satisfaction aux consommateurs, le Parlement européen a adopté le projet Novel Food, qui rend obligatoire l'étiquetage des aliments contenant des OGM ou des produits issus des OGM. Si une plante transgénique entre dans la composition d'un aliment, celui-ci doit recevoir une autorisation de mise sur le marché délivrée par la Commission européenne. Si un produit génétiquement modifié est autorisé, tout aliment contenant plus d'un certain pourcentage de ce produit doit faire l'objet d'un étiquetage spécial à l'intention des consommateurs ; de même, les fruits et les légumes transformés porteront le label "aliments génétiquement modifiés". Pour les libéraux cepedant, l'étiquetage passe pour être un protectionnisme déguisé.
La Nuit de Youri
8 avril 2008
Écrit par : Mario Tessier
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Le 12 avril de chaque année marque la Nuit de Youri (ou Yuri's night en anglais), la célébration internationale du premier vol habité de l'humanité. C’est un peu la fête officieuse du nouvel âge spatial.

Une importante partie de la communauté scientifique est furieuse de l'affront de Garrett Lisi face au "système" mis en place pour confirmer les théories et les rendre consensuelles. Les plus grands noms de la science actuelle voient leur crédibilité mise en jeu. Si un illustre inconnu arrive soudainement, comme c'est le cas ici, et ébranle les fondations des travaux pour lesquels ils reçoivent de généreuses subventions, de quoi ont-ils l'air?
Cette discussion a dérivé en véritable débat politique. Pour ceux qui croient que le domaine de la science théorique est dénudée de tout subjectivisme, détrompez-vous! En physique théorique, il y a deux principales avenues vers une éventuelle "théorie du tout": La théorie des cordes, et la théorie des boucles.
Les partisans des boucles, les "bouclistes", sont en minorité. Par contre, ils sont liesse face à l'avènement de la théorie proposée par Lisi: les deux cadres sont compatibles. Si Lisi a raison, cela donne du poids à leurs arguments. La majorité des théoriciens en physique, les "cordistes", cherchent désespérément, et depuis une vingtaine d'années, à faire de leur théorie un consensus. Ce n'est pas encore chose faite.
La théorie de Lisi, se basant sur un objet mathématique monstrueux appelé E8, est purement géométrique. Nombre de scientifiques croient que les équations régissant l'univers peuvent être purement géométriques. Par exemple, les symétries dans les interactions électromagnétiques et nucléaires ont mené au Modèle Standard, qui repose sur l'objet géométrique SU(3)xSU(2)xU(1), une autre horreur mathématique pour celui qui n'est pas initié.
Et si l'univers n'était pas fait de "belles équations"? Et s'il n'était pas géométrique, comme on le voudrait bien? Ça tient presque de la théologie, mais on cherche désespérément une belle théorie qui pourrait ne pas exister du tout! Ça ferait bien l'affaire des cordistes, remarquons, puisque leur base mathématique contient tellement de paramètres libres que c'est presque impossible qu'ils aient tort. À l'opposé, les bouclistes ont un cadre plus rigide. Ainsi, ils jouent la carte de la transparence.
La théorie de Garrett Lisi, elle, est fixe et immuable. Elle passe ou elle casse, sans aucun paramètre libre. Et si elle fonctionne, elle prédit une vingtaine de nouvelles particules et deux nouvelles constantes physiques. Les "pro" et "anti" Lisi ont un point commun: il faut donc la mettre à l'épreuve de l'expérience. Et ce pourrait être fait dans les prochains mois, avec le LHC qui entre en fonction ce printemps.
Comme il le dit si bien sur le site qui a publié son papier: "It ain't over 'till the LHC sings!"
Cette discussion a dérivé en véritable débat politique. Pour ceux qui croient que le domaine de la science théorique est dénudée de tout subjectivisme, détrompez-vous! En physique théorique, il y a deux principales avenues vers une éventuelle "théorie du tout": La théorie des cordes, et la théorie des boucles.
Les partisans des boucles, les "bouclistes", sont en minorité. Par contre, ils sont liesse face à l'avènement de la théorie proposée par Lisi: les deux cadres sont compatibles. Si Lisi a raison, cela donne du poids à leurs arguments. La majorité des théoriciens en physique, les "cordistes", cherchent désespérément, et depuis une vingtaine d'années, à faire de leur théorie un consensus. Ce n'est pas encore chose faite.
La théorie de Lisi, se basant sur un objet mathématique monstrueux appelé E8, est purement géométrique. Nombre de scientifiques croient que les équations régissant l'univers peuvent être purement géométriques. Par exemple, les symétries dans les interactions électromagnétiques et nucléaires ont mené au Modèle Standard, qui repose sur l'objet géométrique SU(3)xSU(2)xU(1), une autre horreur mathématique pour celui qui n'est pas initié.
Et si l'univers n'était pas fait de "belles équations"? Et s'il n'était pas géométrique, comme on le voudrait bien? Ça tient presque de la théologie, mais on cherche désespérément une belle théorie qui pourrait ne pas exister du tout! Ça ferait bien l'affaire des cordistes, remarquons, puisque leur base mathématique contient tellement de paramètres libres que c'est presque impossible qu'ils aient tort. À l'opposé, les bouclistes ont un cadre plus rigide. Ainsi, ils jouent la carte de la transparence.
La théorie de Garrett Lisi, elle, est fixe et immuable. Elle passe ou elle casse, sans aucun paramètre libre. Et si elle fonctionne, elle prédit une vingtaine de nouvelles particules et deux nouvelles constantes physiques. Les "pro" et "anti" Lisi ont un point commun: il faut donc la mettre à l'épreuve de l'expérience. Et ce pourrait être fait dans les prochains mois, avec le LHC qui entre en fonction ce printemps.
Comme il le dit si bien sur le site qui a publié son papier: "It ain't over 'till the LHC sings!"
Garrett Lisi est un physicien "pigiste". Il a choisi une véritable vie d'ermite, dans les montagnes de la Sierra Nevada. Si ce style de vie excentrique, doublé de sa passion pour le surf, a attiré l'attention des médias américains, c'est surtout pour son papier "Une théorie du tout exceptionnellement simple" qu'il a attiré l'attention des scientifiques de la planète.
Le chercheur a fait couler beaucoup d'encre, depuis la publication de son papier. La théorie du tout, c'est le Saint Graal des physiciens et le rêve inachevé d'Albert Einstein: un formalisme mathématique qui unirait les quatre forces de la nature. Si quelqu'un réussit un jour à unir la gravitation, l'électromagnétisme, et les interactions nucléaires fortes et faibles dans un même cadre mathématique, les plus grands honneurs lui sont promis.
Jusqu'à l'adoption de cette théorie par le consensus scientifique, on doit traiter séparément la gravitation, dans le cadre de la relativité générale, et les trois autres forces, dans ce qu'on appelle le "Modèle Standard". Les deux cadres mathématiques ne sont pas compatibles lorsque l'on essaie de les unir. Ainsi, des problèmes faisant appel à la gravitation et à la mécanique quantique, l'évolution et les interactions des trous noirs par exemple, sont à peine traitables dans le contexte actuel.
La théorie de Lisi est toujours discutée, tant sur le fond que sur la façon donc elle a été présentée au monde. Lorsqu'un chercheur veut faire connaître les résultats de ses travaux, il doit les faire soumettre à un magazine avec révision par les pairs. Le chercheur indépendant a choisi de s'aliéner au système: il a mis sa théorie en ligne, disponible à tous, sur le site arxiv.org.
Cet évènement de science a été très mal couvert par le magazine scientifique français Science & vie (No 1084, Janvier 2008). En effet, sur sa page couverture, le grand titre est le suivant: "Théorie du tout: Enfin! Un physicien aurait trouvé la pièce manquante". En journalisme, on nous répète ad nauseam que "le conditionnel est le condom du journaliste." Le fait que le physicien "aurait" trouvé la pièce manquante est indéniable, mais la théorie est toujours discutée! Le "Enfin!" fait, selon moi, figure de capote percée, ici!
Titre-choc s'il en est, on sait tous que les revues de sciences ont le double objectif de vulgariser et de vendre de la copie. Ici, je crois que la deuxième option était le but premier de ce titre. Par contre, sa crédibilité peut logiquement être remise en question: s'il s'avère que la théorie de Lisi est inexacte, voire fausse, de quoi auront l'air ces soit-disant journalistes scientifiques?
Le chercheur a fait couler beaucoup d'encre, depuis la publication de son papier. La théorie du tout, c'est le Saint Graal des physiciens et le rêve inachevé d'Albert Einstein: un formalisme mathématique qui unirait les quatre forces de la nature. Si quelqu'un réussit un jour à unir la gravitation, l'électromagnétisme, et les interactions nucléaires fortes et faibles dans un même cadre mathématique, les plus grands honneurs lui sont promis.
Jusqu'à l'adoption de cette théorie par le consensus scientifique, on doit traiter séparément la gravitation, dans le cadre de la relativité générale, et les trois autres forces, dans ce qu'on appelle le "Modèle Standard". Les deux cadres mathématiques ne sont pas compatibles lorsque l'on essaie de les unir. Ainsi, des problèmes faisant appel à la gravitation et à la mécanique quantique, l'évolution et les interactions des trous noirs par exemple, sont à peine traitables dans le contexte actuel.
La théorie de Lisi est toujours discutée, tant sur le fond que sur la façon donc elle a été présentée au monde. Lorsqu'un chercheur veut faire connaître les résultats de ses travaux, il doit les faire soumettre à un magazine avec révision par les pairs. Le chercheur indépendant a choisi de s'aliéner au système: il a mis sa théorie en ligne, disponible à tous, sur le site arxiv.org.
Cet évènement de science a été très mal couvert par le magazine scientifique français Science & vie (No 1084, Janvier 2008). En effet, sur sa page couverture, le grand titre est le suivant: "Théorie du tout: Enfin! Un physicien aurait trouvé la pièce manquante". En journalisme, on nous répète ad nauseam que "le conditionnel est le condom du journaliste." Le fait que le physicien "aurait" trouvé la pièce manquante est indéniable, mais la théorie est toujours discutée! Le "Enfin!" fait, selon moi, figure de capote percée, ici!
Titre-choc s'il en est, on sait tous que les revues de sciences ont le double objectif de vulgariser et de vendre de la copie. Ici, je crois que la deuxième option était le but premier de ce titre. Par contre, sa crédibilité peut logiquement être remise en question: s'il s'avère que la théorie de Lisi est inexacte, voire fausse, de quoi auront l'air ces soit-disant journalistes scientifiques?
Toute connaissance scientifique nouvelle est susceptible de donner lieu à des applications dont on sait désormais qu'elles comportent inévitablement des risques. La maîtrise nouvellement acquise dans les manipulations des gènes et des génomes ofre à l'humanité des chances sans précédent qui verront leur pleine expansion durant ce siècle. Les risques encourus sont à la mesure de la puissance de ces méthodes. Ces risques sont au nombre de cinq : environnementaux, de perte de la biodiversité, pour les animaux, pour l'espèce humaine et enfin pour les producteurs.
Avant d'aborder les manipulations génétiques dans leur contexte culturel et éthique, commençons d'abord, dans ce premier texte, par planter le décor
Les manipulations génétiques concernent le monde végétal, le monde animal et l'espèce humaine. Elles peuvent prendre des formes très diverses, dont deux apparaissent particulièrement importantes pour les enjeux économiques qu'elles représentent: dans le domaine végétal, il s'agit de la réalisation d'organisme génétiquement modifiés (OGM), et dans le domaine animal, des animaux transgéniques.
Les espoirs mis dans les manipulations génétiques sont multiples deux sont majeurs: l'accroissement du rendement des espèces et les nouvelles applications dans le domaine de la médecine et de la santé.
Les manipulations génétiques concernent le monde végétal, le monde animal et l'espèce humaine. Elles peuvent prendre des formes très diverses, dont deux apparaissent particulièrement importantes pour les enjeux économiques qu'elles représentent: dans le domaine végétal, il s'agit de la réalisation d'organisme génétiquement modifiés (OGM), et dans le domaine animal, des animaux transgéniques.
Les espoirs mis dans les manipulations génétiques sont multiples deux sont majeurs: l'accroissement du rendement des espèces et les nouvelles applications dans le domaine de la médecine et de la santé.
Sir Arthur C. Clarke (1917-2008)
3 avril 2008
L’écrivain Arthur Charles Clarke s’est éteint à 90 ans dans sa demeure de Colombo, au Sri Lanka, à la suite d’une insuffisance pulmonaire. Il souffrait du syndrome post-polio depuis une vingtaine d’années.

Littérature, reproduction et bioéthique.
2 avril 2008
La question de la reproduction, associée à la crainte ou à l'admiration pour les progrès technologiques, a hanté l'imaginaire littéraire tout au long de la première moitié du XXe siècle. Elle est au coeur, par exemple, des oeuvres d'anticipation des futuristes italiens Marinetti et Vasari, puis des écrivains européens Capek, Huxley ou encore Orwell. Ils relient tous l'avènement d'un nouveau monde à de nouvelles modalités de reproduction résultant des progrès technologiques. Dans le monde qu'ils envisagent, la reproduction de l'espèce est ainsi confiée à des hommes mécaniques ou à des machines. La sexualité, le plaisir et l'affection sont séparés de la procréation, celle-ci étant également soustraite au corps de la femme. La fracture entre le corps humain et ses fonctions est consommé. La nouvelle humanité est "déshumanisée". Il est parfois intérêssant quand-t-on est scientifique de se pencher dans la littérature pour trouver certaines réponses et certaines limites à la bioéthique.
Lorsque Mary Shelley publie en 1818 son célèbre Frankenstein, le mot bioéthique n'existe pas. Pourtant c'est de l'éthique propre à la recherche biologique qu'il y est question. Quelle faute a commise l'étudiant en médecine Victor Frankenstein? L'immense majorité de ceux qu'on interrogerait aujourd'hui sur ce point réponderait qu'il s'agit du fait d'avoir fabriqué un être humain.
Mais cette immense majorité n'a jamais lu l'oeuvre de Mary Shelley et bien peu savent qu'elle était sous-titrée Le Prométhée moderne. Prométhée apportait aux hommes ces Lumières et les progrès scientifiques. En effet, la science avait doté l'homme de pouvoirs que nous pouvons presque qualifier de créateurs, qui l'ont rendu capable de changer et de modifier les êtres qui l'entourent. Cela constitue donc bien un défi au canon Episcopi qui avait définitivement interdit à tout chrétien d'imaginer - d'imaginer seulement - qu'un autre que le Dieu de la Bible puisse créer ou transformer les êtres vivants. En fabriquant un être humain, Victor Frankenstein devenait un héros qui, tel Prométhée, donnait aux hommes le pouvoir de défier victorieusement le Ciel. Mais Victor, le savant victorieux, a cependant commis une faute: il a fabriqué un être qui souffre. La faute n'est pas d'avoir fabriqué un homme, c'est d'avoir fabriqué celui-là, si laid, si terrifiant que tous s'enfuient à son approche et qui souffre horriblement de n'avoir ni compagne, ni famille, ni amis. Si la bioéthique signifiait la prise en considération du mal que l'on peut faire aux autres en manipulant le vivant, alors on devrait à Mary Shelley d'en avoir imaginé le cas parfaitement exemplaire. Le fait que , au milieu des années 1990, la communauté scientifique ait considéré comme un problème éthique majeur le choix, dans la fécondation in vitro, entre le spermatides et les spermatozoïdes démontre parfaitement que ce que l'on appelle la bioéthique n'a pas grand chose à voir avec cette morale. Alors que les églises elles-mêmes semblent avoir oublié le canon Episcopi, c'est pourtant bien ce qu'il fulmine contre la science le sacrilège qui est au coeur de la bioéthique.
Mais cette immense majorité n'a jamais lu l'oeuvre de Mary Shelley et bien peu savent qu'elle était sous-titrée Le Prométhée moderne. Prométhée apportait aux hommes ces Lumières et les progrès scientifiques. En effet, la science avait doté l'homme de pouvoirs que nous pouvons presque qualifier de créateurs, qui l'ont rendu capable de changer et de modifier les êtres qui l'entourent. Cela constitue donc bien un défi au canon Episcopi qui avait définitivement interdit à tout chrétien d'imaginer - d'imaginer seulement - qu'un autre que le Dieu de la Bible puisse créer ou transformer les êtres vivants. En fabriquant un être humain, Victor Frankenstein devenait un héros qui, tel Prométhée, donnait aux hommes le pouvoir de défier victorieusement le Ciel. Mais Victor, le savant victorieux, a cependant commis une faute: il a fabriqué un être qui souffre. La faute n'est pas d'avoir fabriqué un homme, c'est d'avoir fabriqué celui-là, si laid, si terrifiant que tous s'enfuient à son approche et qui souffre horriblement de n'avoir ni compagne, ni famille, ni amis. Si la bioéthique signifiait la prise en considération du mal que l'on peut faire aux autres en manipulant le vivant, alors on devrait à Mary Shelley d'en avoir imaginé le cas parfaitement exemplaire. Le fait que , au milieu des années 1990, la communauté scientifique ait considéré comme un problème éthique majeur le choix, dans la fécondation in vitro, entre le spermatides et les spermatozoïdes démontre parfaitement que ce que l'on appelle la bioéthique n'a pas grand chose à voir avec cette morale. Alors que les églises elles-mêmes semblent avoir oublié le canon Episcopi, c'est pourtant bien ce qu'il fulmine contre la science le sacrilège qui est au coeur de la bioéthique.
Scientifiques protégez vos propos!
2 avril 2008
Les médias ont de plus en plus tendance à déformer les propos des scientifiques, et cela pour diverses raisons, mais il faut savoir que du même coups il y a des droits et notamment le droit de réponse. Ce dernier est un contrepoids nécessaire à la liberté de la presse, il consiste en un droit reconnu à une personne désignée par un média de requérir la publication gratuite d'une réponse par ce même média. Il constitue l'un des moyens de défense du scientifique face aux médias. Il offre au scientifique "livré en pâture" à l'opinion publique, la possibilité d'exprimer à son tour son opinion, sa version des faits, sa vérité, et permet d'assurer le caractère contradictoire du débat. A l'heure où des propos de scientifques sont très vites relayés, dans une multitude de médias, il paraît nécessaire que les scientifiques soient particulièrement vigilants et n'hésitent pas à employer leurs droits.
Médecine et culture
1 avril 2008
Qu'est-ce qu'un malade ? Qu'est-ce que la mort ? Posez la question, vous aurez peut-être des réponses différentes en fonction de la culture qui a façonné et dans laquelle évoluent ceux qui vous répondront.



